skip navigation

Quand Charles Hudon joue gros...

By FRANÇOIS GAGNON - rds.ca, 11/04/18, 7:00PM CST

Share

Charles Hudon jouait gros jeudi soir alors qu’il obtenait enfin une chance, sa chance, au sein d’un vrai trio offensif. Conscient de l’importance de saisir l’occasion qui s’offrait à lui, Hudon a choisi le bon moment pour disputer son meilleur match de la saison. Peut-être son meilleur en carrière dans la LNH.

Bien qu’il n’ait pas marqué et bien qu’il n’ait pas récolté de passe – Max Domi s’est fait voler un but par le gardien des Caps Braden Holtby qui se demande encore comment il a réalisé l’arrêt à la suite d’un jeu habilement préparé par le Québécois – Charles Hudon a disputé un grand match. Un match fort occupé aussi alors qu’il n’avait jamais obtenu autant de temps d’utilisation – 21 présences totalisant 17:04 – et surtout du temps d’utilisation de grande qualité.

« Je pense que je n’avais encore jamais joué autant dans la LNH», a d’ailleurs lancé le Québécois qui a peiné à terminer la rencontre tant il a donné tout ce qu’il avait à donner. «J’ai dû aller reprendre mon souffle à la clinique avant de venir répondre aux questions », a admis Hudon qui a disputé une grande rencontre.

Aussi brillante soit-elle, la performance de Charles Hudon passera toutefois inaperçue. Ou presque.

Dans l’ombre de Kotkaniemi et Gallagher

Car pendant que Hudon se défonçait à l’ouvrage et qu’à bien des égards il s’est affirmé à titre de meilleur joueur de son trio – un trio complété par Max Domi et Jonathan Drouin est-il besoin de le rappeler – Jesperi Kotkaniemi a soulevé la foule avec son premier but de la saison... et son deuxième qui a nivelé les chances en fin de rencontre.

Pendant que Hudon confirmait à ceux qui le croyaient depuis toujours qu’il pouvait assumer un rôle au sein d’un des deux premiers trios, Brendan Gallagher marquait ses huitième et neuvième buts de la saison tout en disputant le genre de match qui fait de lui le vrai leader du Canadien.

Pendant que Hudon dissipait les doutes associés à sa taille et à son manque de production offensive, le Canadien complétait sa première remontée victorieuse en troisième période de la saison.

Le fait saillant mettant en vedette Hudon qui retiendra le plus l’attention, n’est pas le but qu’il s’est fait voler, les nombreuses passes de qualité offertes à ses compagnons de trio, la qualité de son échec avant et de son implication dans les trois zones, mais bien le bras qu’il a passé au cou de Jesperi Kotkaniemi alors que les deux joueurs se sont retrouvés côte à côte sur le banc du Tricolore pendant que la foule célébrait le but historique.

« J’étais à sa place l’an dernier. J’attendais ce premier but avec impatience. J’étais tellement content pour lui que ce but arrive enfin. C’est un des bons moments dans la vie d’un joueur de hockey. Et quand le premier arrive, le deuxième suit généralement pas longtemps après. On l’a vu alors qu’il a marqué son deuxième en fin de match. Il est tellement bon. Il travaille tellement fort. Il a tellement une bonne attitude que tout le monde était content sur le banc pour lui. On était aussi heureux sur le banc que les partisans l’étaient dans les gradins. Je lui ai parlé, mais je suis convaincu qu’il n’a rien compris tellement c’était fort dans le Centre Bell à ce moment », a raconté Hudon après la rencontre.

À l’image de Jesperi Kotkaniemi qui a marqué son premier but dans la LNH lors du 12e match de la saison avant d’en ajouter un deuxième en prime, Charles Hudon a marqué ses deux premiers buts dans la LNH l’an dernier... lors du 12e match du Tricolore.

Un poste, plusieurs candidats 

Charles Hudon ne s’en faisait pas outre mesure que sa grande performance passe dans l’ombre de son chum Kotkaniemi, du but gagnant de Max Domi, de la performance de Brendan Gallagher et de l’effervescence associée à la remontée victorieuse qui a offert aux partisans, un des matchs les plus spectaculaires présentés au Centre Bell depuis deux, voire trois ans.

« Le plus important c’était de gagner et on l’a fait en disputant une très bonne troisième période », a indiqué Hudon qui sait très bien que la blessure qui garde Paul Byron hors de l’alignement pourrait lui servir de tremplin vers des jours meilleurs au sein de la formation.

« Je suis bien conscient de la situation. Il faut que je fasse la job, je n’ai pas le choix », a d’ailleurs reconnu Hudon dans le vestiaire après la rencontre.

« On a eu quelques mauvaises présences en cours de partie, mais en troisième, comme le reste de l’équipe, on a bien travaillé. On est revenu en force. C’est le fun de jouer avec des gars comme Max et Jonathan. Ils sont tous les deux très rapides. Ils créent des choses de plusieurs façons. Max travaille sans arrêt. 'Jo' tente des gros jeux à chaque présence. Je me donnais le mandat de suivre leur rythme, de les appuyer, de bien compléter leur travail. J’aurais voulu marquer et j’ai regardé longtemps sur l’écran géant pour comprendre comment Holtby avait fait l’arrêt contre Max. Mais même si on ne peut jamais se donner une note de 100 %, je suis quand même content de ce qu’on a accompli ce soir », analysait Charles Hudon.

Combien de temps Hudon pourra patrouiller le flanc droit du deuxième – ou premier selon votre classement personnel – trio du Canadien?

Difficile à dire, car la compétition pour ce poste est déjà forte avec Paul Byron et Artturi Lehkonen qui peuvent l’occuper.

Sans oublier qu’en plus du retour en santé de Paul Byron, Nikita Scherbak qui tente de retrouver sa forme avec le club-école à Laval pourrait très bien combler ce poste s’il devait finalement jouer à la hauteur des attentes fondées en lui.

« Je suis très conscient de tout ça », a indiqué Hudon qui, avant le match de jeudi, avait partagé son temps entre une place au sein du quatrième trio et une place sur la galerie de presse.

Au fil des 21 présences qu’il a effectuées, Charles Hudon a fait beaucoup plus de bonnes que de mauvaises choses. Ses quatre tirs cadrés sur les sept tentés le confirment en partie. Son implication, sa fougue, ses passes qui ont mené à des occasions de marquer pour Max Domi et Victor Mete entre autres, le confirment tout autant.

« Charles a joué un bon match. Il a gagné sa place là ce soir », a lancé un Claude Julien encore un brin surpris par toute la commotion causée par le changement d’affectation réservé à Hudon.

« On sait que Charles est capable de jouer dans un rôle comme celui de ce soir. Quand ton club est en santé, il est difficile de faire jouer tout le monde à leur position. Il comprend cette situation. Il accepte son rôle. Il garde confiance et travaille fort et c’est ce qui compte », a poursuivi l’entraîneur-chef du Canadien.

Il est clair que Charles Hudon joue gros en ce moment. Qui sait, il joue peut-être même son avenir avec le Canadien en ce moment. Car s’il n’est pas en mesure de s’emparer d’un poste régulier au sein des deux ou trois premiers trios, peut-être que l’état-major jonglera avec la possibilité de l’échanger pour combler d’autres besoins. Car ce n’est pas au sein d’un quatrième trio, du moins pas sur une base régulière, et encore moins sur la galerie de presse que Hudon pourra vraiment aider la cause du Tricolore.